Lundi soir 28 septembre 2009, le Sénat a adopté un amendement autorisant l’expérimentation du péage urbain dans les agglomérations françaises de plus de 300.000 habitants.

Lundi soir 28 septembre dernier, le Sénat a adopté un amendement qui autorise sous forme d’expérimentation, sur une durée de trois ans, la mise en place de péages urbains dans les agglomérations comptant plus de 300.000 habitants. C’est-à-dire une dizaine en France. Le choix étant laissé aux collectivités de tenter l’expérience. Voici qui va relancer le débat, les partisans comme les opposants à cette forme de taxe étant nombreux et de tous bords politiques.

Socialement injuste mais efficace
Les premiers disposent d’un argument de poids, observant ce qui se pratique dans d’autres pays : à Londres, la « Congestion Charge » existe depuis 2003, Milan, Stockholm, Cologne, Berlin et d’autres villes européennes lui ont emboité le pas, Singapour (ville-Etat) pratique la dime citadine depuis 1975. Dans ces agglomérations, le péage urbain, d’un montant de 1 à 10 euros, aurait fait ses preuves en limitant circulation et pollution (à Singapour la circulation a baissé de 45%), et les habitants seraient globalement satisfaits de la mesure.

Du côté des opposants, on met notamment en avant l’iniquité qu’elle engendrerait, en pesant peu sur les finances des usagers aisés, mais grevant sérieusement le budget des ménages aux revenus plus modestes.
Les mêmes opposants y voient aussi une manière de remplir les caisses. Ce que confirme le Medef qui, en 2008, estimait que la mise en place d’un péage urbain sur la seule agglomération parisienne permettrait de dégager 75 millions d’euros pas an.

Améliorer les transports publics
Pas de panique toutefois, l’amendement du Sénat prévoit une redistribution strictement dirigée du produit des péages : il sera « affecté à [l'autorité] organisatrice des transports et [servira] à financer les actions mentionnées au plan de déplacement urbain. » Donc en premier lieu, a priori, financer l’extension des transports en commun ou autres vélos en libre service et faciliter leur accès.
A noter que dans certaines des villes qui ont adopté le péage urbain, les véhicules les moins polluants ou ceux qui, comme les deux-roues motorisés, facilitent la décongestion du trafic sont dispensés de la taxe ou profitent d’un tarif préférentiel.

L’amendement du Sénat ne précise rien à ce sujet, espérons que les collectivités qui choisiront de tenter l’expérience feront preuve du même discernement que leurs homologues étrangères. On sent que tout le monde ne va pas être d’accord… Comme on imagine que, au vu des coûts de telles infrastructures, « l’expérimentation » risque de durer.

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le: Vendredi 02 octobre 2009 à 14h 05min
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